La psychologie traditionnelle et la psychologie positive
- octobre 24, 2025
- mhadmin
- 4:45 pm
Se concentrer sur ce qui ne va pas chez un individu est ce que nous appelons une focalisation sur les faiblesses. C’est une attention directe aux aspects négatifs d’un individu.
Dans un contexte clinique, cela signifie que l’accent est mis sur les modèles comportementaux ou cognitifs qui causent la souffrance et réduisent le bien-être. Prenons l’exemple d’un psychologue qui se concentre uniquement sur les problèmes que rencontre un client. De ce point de vue, le psychologue peut découvrir que le patient a des pensées négatives sur le passé et que ces pensées ont des conséquences négatives sur ses actions actuelles. L’idée qui sous-tend la focalisation sur la faiblesse peut sembler intuitive : en corrigeant la faiblesse, on vise à accroître le bien-être. Cependant, comme nous le verrons, cette vision est loin d’être complète et comprend des idées fausses sur le bien-être.
Après la Seconde Guerre mondiale, la psychologie est devenue une science largement consacrée à la guérison des maladies. En conséquence, un nombre disproportionné d’études en psychologie se sont concentrées sur la psychopathologie et les facteurs qui rendent la vie dysfonctionnelle, tandis que peu de recherches se sont concentrées sur les facteurs qui favorisent le bien-être psychologique.
Un accent sur la réparation des faiblesses :
Imaginons une échelle graduée de -5 à +5 en passant par 0. Dans cette image, « -5 » représente le fait de souffrir de problèmes, « 0 » représente le fait de ne plus souffrir de ces problèmes, et « +5 » représente une vie épanouie et remplie.
Le modèle de maladie est axé sur la section « -5 » à « 0 ». L’objectif des interventions qui se fondent sur ce modèle est d’aider les personnes à passer de « -5 » à « 0 ». Dans un contexte clinique, cela pourrait signifier qu’un thérapeute vise à réduire les symptômes et à prévenir les rechutes. L’objectif final (point 0) est atteint lorsque le patient ne présente plus de symptômes diagnosticables de psychopathologie, comme le décrit le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V).
Les idées fausses résultant du modèle de la maladie :
1) Réparer ce qui ne va pas conduit automatiquement au bien-être
2) Une adaptation efficace se traduit par une réduction des états négatifs
3) La correction des faiblesses crée une performance optimale
4) Les faiblesses méritent plus d’attention car les forces se débrouilleront toutes seules
5) Une approche axée sur les points faibles peut aider à prévenir les problèmes
La perspective de la psychologie positive :
En 1998, Martin Seligman a fortement encouragé le domaine de la psychologie à élargir son champ d’action et à dépasser les problèmes et les pathologies humaines pour s’épanouir. Selon Seligman, la psychologie positive vise à faire passer les gens non pas de « -5 » à « 0 », mais de « 0 » à « +5 » (voir figure 2), et pour ce faire, il est nécessaire d’adopter une approche différente. Plutôt que de se concentrer uniquement sur ce qui ne va pas chez les gens et sur la résolution de leurs problèmes, il faut aussi se concentrer sur ce qui va bien chez les gens et sur le renforcement de leurs forces.
Une mission importante de la recherche en psychologie positive consiste donc à étudier le comportement humain en utilisant une approche fondée sur les forces. Cette focalisation sur l’épanouissement humain et les marqueurs du bien-être psychologique a été appelée le modèle de santé du fonctionnement humain.
S’il est vrai que corriger les faiblesses ne créera pas une performance ou un bien- être optimal, il est également vrai que se concentrer uniquement sur les forces humaines tout en ignorant les faiblesses ne conduira pas automatiquement à une performance ou un bien-être optimal.
Pour cette raison, la psychologie positive peut être considérée comme un outil puissant mais n’a pas vocation à remplacer la psychologie traditionnelle.
Cette focalisation sur l’épanouissement humain et les marqueurs du bien-être psychologique a été appelée le modèle de santé du fonctionnement humain.